Shaun Levin à La Tête Ailleurs

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Après une première rencontre à la librairie Les Mots à la Bouche, c’est au tour de la librairie La Tête Ailleurs, 42 rue de la Folie-Méricourt, Paris 11ème, de recevoir Shaun Levin autour de Sept petites douceurs. La rencontre a eu lieu le dimanche 7 avril 2019 en présence de l’éditeur Gilles Rozier (L’Antilope). L’entretien était animé par Maryse Mondain, l’une des trois libraires.

Maryse Mondain : Sept petites douceurs est un roman placé sous le signe du Banquet de Platon, où Socrate et ses disciples parlent d’amour et de beauté tout en mangeant et en buvant. La nourriture a une grande importance dans ce roman, qui m’a semblé poser principalement la question de l’importance de l’amour, du sexe et de la beauté dans la vie. Est-ce le sens de la référence socratique, ou bien votre intention était-elle différente ?

Shaun Levin : Je crois que le Banquet était pour moi une forme de compagnie, en même temps qu’une clé sur l’amour. C’était la première fois que j’aimais quelqu’un avec une telle intensité, et comme mon père était mort peu avant, c’était une histoire d’amour compliquée où je venais à la fois de perdre un homme que j’avais aimé et d’en trouver un autre. Le Banquet était une façon d’appréhender cette expérience. Je crois que l’amour peut aussi être une expérience solitaire lorsqu’on n’est pas toujours en contact avec la personne qu’on aime, et en relisant Sept petites douceurs j’ai pris conscience que c’était un roman d’avant les téléphones portables. Lui en avait un, mais moi, non. Il n’était pas facile comme aujourd’hui d’être en contact ou de suivre les gens et de savoir dans quel coin du monde ils se trouvent. C’est donc un roman pré-Facebook et aujourd’hui il apparaît un peu comme un document historique ! La compagnie du Banquet compensait ce sentiment de solitude, d’autant plus que le Banquet est un peu une comédie. On le prend toujours très au sérieux mais c’est un groupe d’hommes qui passent leur temps dans leurs lits à boire et à inventer des théories sur l’amour. C’était presque une note d’humour dans la gravité de l’amour et du deuil.

Maryse Mondain : Votre père est mort l’année qui a précédé votre rencontre avec Martin. Le sentiment de perte et de deuil est manifeste au fil du roman, qui est également traversé par une aspiration à la beauté, notamment la beauté des corps. Vous décrivez le corps de Martin comme quelque chose de beau et presque de sculptural. Il y a aussi des descriptions de corps de jeunes hommes et parfois de jeunes femmes. Qu’en est-il de cette aspiration à la beauté, et quel rapport entretient-elle – ou non – avec le Banquet de Platon ?

Shaun Levin : À bien des égards Sept petites douceurs témoigne de la foi que j’avais à cette époque-là dans l’écriture – et dans la lecture ou encore dans l’art – à la fois comme clé d’interprétation et comme moyen de salut vis-à-vis de tous les aspects de la vie, la souffrance, l’amour, le deuil, l’exil, la vie en pays étranger. Je ne suis pas sûr d’avoir toujours la même foi mais en 2003 et en 2004, elle était là, et le livre en même temps que l’expérience dont il est inspiré en sont une illustration. Peut-être est-ce seulement dans les mots que je ne crois plus, tandis que je crois toujours à l’art comme moyen de salut. Depuis trois ou quatre ans, je suis plutôt passé aux arts plastiques, et je crois que ça vient d’une certaine déception vis-à-vis de l’écriture qui a cessé de m’apparaître comme un moyen de salut au jour le jour. J’écris toujours un peu, mais plus autant qu’avant.

Maryse Mondain : Et les gâteaux ? Les mots et l’art ne nous sauveront peut-être pas, mais la nourriture, la préparation, la dégustation et le partage de la nourriture ? N’est-ce qu’une illusion également ?

Shaun Levin : Je ne sais pas. Je ne fais plus autant de gâteaux qu’avant. Pour la première fois de ma vie, dans l’appartement où je vis à Madrid, je n’ai pas de four. Ça me plaît, d’ailleurs, ça me force à m’adapter, mais ça veut dire que je ne fais plus de gâteaux alors que les gâteaux avaient toujours été un repère pour moi. Ici, c’est différent. Pas la peine de faire des gâteaux à Paris. Il y a déjà tout ce qu’il faut.

Maryse Mondain : Mais dans Sept petites douceurs? Il est beaucoup question de l’importance de la nourriture, notamment de la préparation du partage de la nourriture dans ce livre.

Shaun Levin : Je trouve qu’il y a un peu la même magie dans l’écriture et dans la pâtisserie et il me semble que c’est un des sujets de ce livre. La magie dans la pâtisserie vient du fait qu’on utilise des ingrédients qui n’ont aucune relation entre eux – des œufs, de la farine, du lait, du beurre –, ils n’ont pas les mêmes origines, et ne viennent pas des mêmes parties du monde, mais une magie opère et c’est un peu pareil dans l’écriture. On réunit des mots, on les note sur la page, ils font comme des traces noires sur le papier puis la magie opère, on ne sait pas d’où elle vient, mais soudain tout prend sens.

Maryse Mondain : Dans cette histoire la nourriture a une fonction plus importante puisqu’elle apparaît comme un moyen de retenir l’être aimé, de le faire revenir, et de l’attraper comme dans un filet. Est-ce bien sa fonction dans le livre, et est-ce ainsi que vous la voyez dans la vie ?

Shaun Levin : Je crois que dans toute histoire d’amour il faut savoir comment retenir l’être aimé. Et dans le cas de cette personne, le moyen de le retenir, c’était de lui faire des gâteaux et des biscuits, de le nourrir et de le gâter. C’est comme un chat. Si on ne nourrit plus le chat, il s’en va. Un chien peut rester plus longtemps, mais pas un chat !

Maryse Mondain : Cette histoire d’amour dure un certain temps, elle traverse une série d’étapes, puis se termine. En réfléchissant sur le titre, Sept petites douceurs, je me suis interrogée sur la signification du chiffre sept. Est-ce qu’il y a sept étapes dans cette histoire d’amour, sept étapes dans le processus de deuil ? Est-ce une allusion aux sept jours de la création, aux sept jours de Shiva ?

Shaun Levin : Je ne me souviens plus très bien, mais je crois qu’il y avait un rapport avec les sept jours de la création. J’aime bien l’idée des sept jours de Shiva, aussi ! Je la ressortirai dans le prochain entretien : le deuil et la création… Mais je trouvais peut-être tout simplement que ça sonnait bien. Quelquefois il n’en faut pas plus. Sept petites douceurs, ça sonne bien et ça donne l’impression qu’il y a juste assez, ni trop, ni trop peu. Et rien n’empêche les gens d’y voir une allusion aux sept jours de Shiva, ou de projeter d’autres interprétations.

Maryse Mondain : Parfois le lecteur voit davantage de choses que l’auteur.

Shaun Levin : Parfois le lecteur cherche davantage de sens que l’auteur n’en a mis.

Maryse Mondain : Et parfois moins aussi… Ma dernière question portera sur l’exil et sur le fait de trouver sa place ou pas. On en a parlé tout à l’heure à votre arrivée dans la librairie. Vous habitez aujourd’hui à Madrid. Vous avez vécu dans différents pays, dans différentes villes. Dans ce roman vous parlez de la difficulté qu’il y a quand il n’y a pas de sentiment d’appartenance. Le narrateur n’a pas de sentiment d’appartenance, il ne trouve pas sa place, et d’ailleurs il bouge beaucoup dans cette histoire, que ce soit à Londres ou au Royaume-Uni. Diriez-vous que l’exil vous a frappé de fragilité, ou que vous avez enfin trouvé votre place en vous installant à Madrid ?

Shaun Levin : Je crois que le sentiment d’appartenance à cette époque et dans ce livre était très lié à la langue. Venir à Londres après vingt ans en Israël, c’était un peu rentrer chez moi, car je retournais à l’anglais après une longue période où je n’avais pas vécu dans la langue. La langue redevenait un repère, et explorer la ville, des lieux repliés de la ville, était à la fois un moyen de trouver ma place et de chercher l’inspiration. En m’installant à Madrid, en vivant dans une autre ville et plus particulièrement dans une autre langue que je ne maîtrise pas – je n’y avais pas pensé mais c’est peut-être pour ça que je me suis tourné vers les arts plastiques, le dessin et la peinture, la reliure aussi, pour faire mes marques et pour donner du sens à ce lieu pour moi. Je suis étranger à la langue là-bas.

Maryse Mondain : Des questions ?

Régine Nebel : J’ai trouvé que c’était un très beau livre sur l’attente et en cela il m’a fait penser à Belle du Seigneur, qui a longtemps été mon livre de chevet. On a dit tout à l’heure que la pâtisserie était un moyen de retenir l’amant, mais n’est-ce pas également un moyen de se préparer à son arrivée ? J’ai vu tout récemment un film israélien, The Cakemaker, où la pâtisserie prend une dimension très érotique et je me suis dit que c’était aussi le cas dans Sept petites douceurs.

Shaun Levin : Je n’ai pas vu ce film mais vous avez raison. Dans le livre, Shaun parle d’ailleurs de tout ce qu’il prépare pour son amant, pour son entrée en scène ou pour son apparition sur la page, et la cuisine joue aussi ce rôle dans nos vies : elle crée une atmosphère qui enveloppe le visiteur, que ce soit par l’odeur, par la présentation, ou par le rythme – le temps d’attente, les conditions avant de pouvoir se resservir. C’est un aspect du rituel amoureux dans le roman.

Maryse Mondain : Gilles, comment as-tu trouvé ce roman ?

Gilles Rozier : J’ai rencontré le traducteur, Étienne, par une amie commune qui voulait me le présenter car il lui avait parlé d’un auteur qui pouvait m’intéresser. Il est venu avec plusieurs livres, une biographie, et une présentationde Sept petites douceurs. Un dimanche après-midi, je me suis allongé sur le canapé pour faire la sieste et j’ai lu le livre. J’ai trouvé que c’était un texte magnifique et très vite on a décidé de le publier avec Anne-Sophie. J’aime également faire la cuisine – pas vraiment des gâteaux – et j’y vois quelque chose – je ne dirais pas érotique mais plutôt quelque chose comme un acte d’amour, une façon de donner de l’amour, ce qui explique pourquoi il est parfois difficile de cuisiner pour des gens qu’on n’aime pas ! Cette conjonction entre cuisine, relation amoureuse, et érotisme, m’a beaucoup plu, de même que le côté Shéhérazade du livre. J’ai été très touché d’entendre Shaun dire : « Je crois que dans toute histoire d’amour il faut savoir comment retenir l’être aimé », et l’idée de retenir un amant par les papilles me paraît magnifique !

Maryse Mondain : On va pouvoir déguster ces meringues que Régine a faites d’après la recette du livre !

Régine Nebel : C’était la première fois que j’avais peur de faire des taches sur un roman en faisant une recette de cuisine !

Gilles Rozier : C’est comme la Hagada, qu’on sort une fois par an pour Pessah dans les familles juives et qu’on met directement dans l’assiette : on y trouve toujours plein de taches de vin et de nourriture…

Régine Nebel : Oui, mais les livres de L’Antilope sont trop beaux pour mériter le même sort !

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Shaun Levin at La Tête Ailleurs

After a first event at Les Mots à la Bouche, Shaun Levin was invited at the Parisian bookshop La Tête Ailleurs to discuss Seven Sweet Things, published in French as Sept petites douceurs by L’Antilope. The event took place on Sunday, April 7th, 2019, with the publisher Gilles Rozier. The interview was conducted by Maryse Mondain, one the three booksellers.

Maryse Mondain: Seven Sweet Things is permeated with references to Plato’s Symposium, where Socrates and his disciples talk about love and beauty whilst eating and drinking. Food plays an important part in the novel, which struck me as being primarily concerned with the importance of love, sex and beauty in life. Is it the meaning you gave to this socratic reference, or did you mean something else?

Shaun Levin: I think that the Symposium to me was company, as well as a way to try and understand love. It was the first time that I loved someone so intensely, and because it was also after my father’s death, it was a mixed up love affair where I was both losing a man in my life that I loved and finding another. The Symposium was a way of trying to make sense of that experience. I also think that love can be quite a lonely experience if you’re not in constant contact with your lover, and getting back to Seven Sweet Things recently I became aware that it was a book written before mobile phones. Even though he had one, I didn’t. It was before it became easy to have contact or to follow somebody and to know where they are in the world. It is a pre-Facebook novel and now it somehow stands as a historical document! Having the company of the Symposium counteracts that sense of loneliness, and in a way the Symposium is a comedy, too. We all take it seriously but it’s actually a bunch of people sitting around, getting drunk, and making up these stories about love. It was almost like comic relief to the seriousness of love and grief.

Maryse Mondain: Your father died about a year before you met Martin. The sense of loss and grief is manifest throughout the book, but so is the desire to find beauty, particularly when it comes to the human body. You describe Martin’s body as something beautiful and almost sculptural. There are also descriptions of young people’s bodies, male and sometimes female. What about this aspiration to beauty, and how does it relate—or not—to Plato’s Symposium?

Shaun Levin: On many levels Seven Sweet Things documents how I believed that writing—and reading and art—can give meaning and save us—from anything—from pain, from love, from grief, from exile, from living in a foreign country. I’m not sure I believe that anymore but back in 2003 and 2004, I did, and the book and the experience it is based on are an illustration of this. Or maybe I don’t believe that words can save us but I still believe that art can. Over the last three to four years, I’ve been making more visual art, and I think it came out of a kind of disappointment that writing stopped saving me on a daily basis. I’m still writing a little bit but not as much.

Maryse Mondain: But are you still baking? Words and art might not save us, but surely food, the cooking, eating and sharing of food, can, or is it just an illusion, too?

Shaun Levin: I’m not sure. I don’t bake as much as I did. For the first in my life, in my new apartment in Madrid I don’t have an oven. I actually enjoy the experience, it challenges me, but it means that I don’t bake and baking has always been something that I relied on. Here it is different. You don’t need to bake in Paris! It is amazing.

Maryse Mondain: And in Seven Sweet Things? A lot of it is about the importance of food, especially the cooking and sharing of food.

Shaun Levin: I think there’s a similar kind of magic that happens with writing and with baking, which I feel like that book is about. The magic with baking is that you can put ingredients which have no connection to each other—eggs, flour, milk, butter—, they’re not from the same creatures, from the same parts of the earth, but there’s a kind of magic to it and I think that’s the same thing with writing. You can bring words together, you can put words onto the page, they’re like black marks on the page and then something happens, you don’t know where it comes from but suddenly it works.

Maryse Mondain: In the story food has a higher function as a means to keep the beloved, make him come back, and retain him as if caught in a net. Is it the way it works, or is it the way you see food?

Shaun Levin: I think with any lover you have to find out what keeps them. And with that particular lover, eating cake and biscuits and being cooked for and cared for was that was going to keep him. It’s like a cat. If you stop feeding the cat, then the cat is gone. A dog might stay for longer, but not a cat!

Maryse Mondain: This love story goes on for a while, it goes through stages, and then stops. I wondered about the title, Seven Sweet Things, and the meaning of seven in relation to the story. Did you consider that there were seven stages in the love story, or maybe in the process of mourning? Did you mean it as a reference to the seven days of creation, or maybe the seven days Shiva?

Shaun Levin: I’m not sure I remember, but I think it has something to do with the seven days of creation. I like the seven days of Shiva, too! I think I’ll take that one for my next interview: grief and creation… But maybe I just liked the sound of it. Sometimes just thinking something sounds nice is enough. Seven Sweet Things sounds nice and neat and makes it seem like it is not too much and not too little. Then other people can find a Shiva meaning, or add interpretations.

Maryse Mondain: Sometimes the reader sees more than the writer.

Shaun Levin: Sometimes the reader looks more to make sense than the writer.

Maryse Mondain: Or less! I have one last question about exile, and finding one’s place, or not. We talked about it when you came to the shop earlier. You are now living in Madrid. You lived in various countries and various cities. In the novel you explain how difficult it is not to belong. The narrator doesn’t feel like he belongs or fits in, and he keeps moving aroung, whether within London or the UK. Would you say the experience of exile makes you forever fragile, or have you finally found were you belong when settling in Madrid?

Shaun Levin: I think the belonging in that time and in that book has a lot to do with language. Coming to London after 20 years in Israel was like a homecoming because I was going back to English after such a long time of not living in my language. Language was again something I could rely on, and exploring the city, exploring hidden places, was both a way to find my place and inspiration for my writing. Now moving to Madrid, moving to another city and particularly to another language that I don’t get to speak—I hadn’t thought about it but maybe that’s why I rely more on visual art, drawing and painting, and bookmaking, to try and make my mark and to make sense from where I am. I’m not part of the language there.

Maryse Mondain: Questions anyone?

Régine Nebel: I thought it was a poignant book about waiting and it reminded me of Belle du Seigneur, which for a long time was my bedside table book. It has been said that baking is a way to keep the beloved, but isn’t it also a way to anticipate and prepare his arrival? I recently saw a film from Israel, The Cakemaker, where cakemaking comes across as very erotic and I would think that this applies to Seven Sweet Things too.

Shaun Levin: I haven’t seen the film but that is true. In the book Shaun talks about preparing other things for the lover, his appearance on the stage or the page, and cooking or baking is part of that whenever we do it: it’s creating an atmosphere for someone to arrive into, whether it is the smell, or how it is presented, or the rhythm—how long they have to wait before they have it or what they have to do to have more. It is part of the performance of love in the book.

Maryse Mondain: Gilles, how did you find this novel?

Gilles Rozier: I met the translator, Étienne, through a friend who said she wanted to introduce him because he had told her about an author I might be interested in. He came with a few books and a biography and a reading note for Seven Sweet Things. Then on a Sunday afternoon I lied on the sofa to have a nap and I read the book. I thought it was a beautiful piece of writing and very quickly I decided to publish it along with Anne-Sophie. I also love cooking—more than baking—which I see as something—maybe not so much erotic as about love, or giving love—which is why it is so difficult sometimes when we have to cook for people we don’t like! I was appealed by this combination of food and love and eroticism and I enjoyed the Scheherazade aspect of the book. I was very moved earlier when Shaun said: “I think with any lover you have to find out what keeps them”, and the concept of keeping a lover through working on his taste buds seems just brilliant!

Maryse Mondain: Now let’s eat these meringues made by Régine following the recipe in the book!

Régine Nebel: It was the first time in my life that I was afraid to make stains on a novel whilst making a recipe!

Gilles Rozier: Like with the Haggadah, which in Jewish families is taken out once a year for Passover and put directly in the plate: it is always heavily stained with wine and food…

Régine Nebel: Yes, but I wouldn’t wish this on any book by L’Antilope! They look too nice for this!

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